CINÉMA DE QUARTIER
1–7 DÉCEMBRE 2025

ANNE-MARIE MIEVILLE, 1977, 40min
Dans le cadre d’une carte blanche laissée par la Télévision Suisse Romande à quatre cinéastes, Anne-Marie Miéville, à travers le portrait d’une orpheline, questionne la notion même d’amour maternel. Elle dénonce la «gigantesque escroquerie» qui vise à reconduire, dans une société confondant l’amour et la vaisselle, un travail non salarié et non reconnu qu’on assimile, trop commodément, au rôle des femmes.
Ce film commence, après son générique, par un diaporama. S’enchaînent des photographies en noir et blanc de mères avec leurs enfants, de tous pays et toutes cultures. Ces images sont saisissantes et pourtant banales, elles figent des attitudes qui sont comme les tableaux exemplaires du rapport charnel, corporel des enfants avec leurs mamans. On entend un flamenco de Gabriella Ferri nommé Cara Madre Mia, c’est-à-dire chère mère. Et puis, la musique est arrêtée par la voix d’Anne-Marie Mieville qui, par ce qu’elle dit, propose alors un contrepoint violent à ces images de tendresse. Cette dialectique du tendre et du brutal forme la tension de ce film, qui nous laisse avec nombre de questions sur le rôle de parent.